Cancer du sein : mettez toutes les chances de votre côté

Le cancer du sein n’a jamais été aussi ravageur : en 2016, on a diagnostiqué 53 000 nouveaux cas de cancers du sein et 12 000 femmes en sont décédées…

C’est un véritable drame, qui fait des ravages tellement de familles. Vous ne serez pas étonné si je vous dis que c’est cancer le plus répandu chez la gente féminine : 1 femme sur 8 est victime d’un cancer du sein, et le nombre de cas ne cesse d’augmenter.

Bien sûr, il peut se manifester dès 35 ans, mais c’est vraiment à partir de 50-55 ans qu’il devient le plus fréquent.

Malheureusement, la plupart du temps, il n’est décelable qu’à la septième année de son évolution. Durant toutes ces années, il reste ignoré, et ne se traduit par aucun trouble, ni signe clinique.

Impossible alors de le traiter.

Et quand il est décelé, le cancer a déjà évolué. C’est un temps précieux qui est perdu quand on sait que, plus le cancer est attaqué précocement, plus grandes sont les chances de le détruire et plus cette destruction sera facile !

Quelques anomalies peuvent cependant nous alerter.

Les signes que l’on peut détecter soi-même

Il est très important que vous restiez attentif à votre corps et n’hésitiez pas à vous examiner.

  • Si vous observez l’apparition d’une fossette, une tuméfaction, une anomalie de surface (ride, peau d’orange), une ulcération, un nodule, ou encore une anomalie du mamelon (rétraction, surélévation, érosion) … toutes ces choses peuvent révéler un cancer.
  • D’autres anomalies peuvent vous alerter : si à la palpation du sein, vous observez un écoulement mammaire et des ganglions sous le bras, il peut s’agir d’une tumeur.

S’il est détecté suffisamment tôt et traité avec les nouvelles techniques, ce cancer se guérit.

C’est pourquoi de nombreuses campagnes de dépistage incitent les femmes à pratiquer l’autopalpation du sein.

Malgré tout, cet examen ne permet pas toujours de déceler les lésions précancéreuses du sein car elles débutent souvent dans la muqueuse des canaux galactophores qui véhiculent le lait lors de l’allaitement.

L’autopalpation et même la mammographie sont inopérantes dans ces cas-là, d’autant que chez la femme relativement jeune le tissu glandulaire est abondant.

L’examen personnel ne suffit pas toujours à déceler la présence d’un cancer du sein. Il est donc primordial de consulter régulièrement et de passer des examens. Les médecins disposent d’une palette étendue pour poser le diagnostic : la mammographie, l’échographie, la ponction à l’aiguille.

Mais le plus important reste de prévenir le cancer !

Les piliers d’un mode de vie anti-cancer

Les cancers sont des maladies essentiellement « fabriquées » par notre corps lui-même en réaction à des facteurs extérieurs (tabac, pollution…) ou intérieurs (stress).

La prévention du cancer est donc complexe, car elle doit lutter contre des facteurs multiples.

Elle passe avant tout par la maitrise de notre environnement.

Même s’il existe des prédispositions génétiques aux cancers, il est prouvé qu’une action régulière sur l’hygiène de vie peut réduire fortement le risque de cancer.

Explorons donc les principaux risques et moyens de s’en protéger.

1. Attention à la pilule !

Il est essentiel de réduire la prise hormonale au cours de sa vie. Ce fait est largement établi. L’imprégnation hormonale provient de deux causes principales :

  • Le nombre d’années à prendre la pilule oestroprogestative, officiellement classée dans les produits cancérigènes aux États-Unis et en Europe.
  • La durée d’un éventuel traitement hormonal substitutif de la ménopause (THS) : la prise durant plus de dix ans de THS augmente significativement le risque de cancer du sein et des autres cancers hormonodépendants (40% des cancers du sein, col de l’utérus, utérus).

Les molécules que notre corps ne fabrique pas mais qui entrent en conflit avec le fonctionnement des hormones sont des perturbateurs endocriniens. Ils sont parfois appelés « xéno-hormones », « xéno-œstrogènes » ou « leurre hormonal ».

2. Prenez garde aux cosmétiques !

Les cosmétiques ont envahi les salles de bains ! Pour être belle, ou beau, de la tête aux pieds, on ne recule devant rien : maquillage, vernis, crèmes en tout genre, parfum, etc.

Mais ces produits contiennent en réalité de nombreuses substances dangereuses considérées comme des perturbateurs hormonaux, allergisants, irritants, et surtout cancérigènes.

Les produits de maquillage les plus suspects sont les vernis à ongles et les rouges à lèvres. Les premiers peuvent contenir entre autres des phtalates, qui peuvent interférer avec nos hormones, du triphenylphosphate, toxique pour le système hormonal, ou encore du formaldéhyde, une substance cancérigène.

Il faut d’abord bien connaître la liste et s’informer sur les produits utilisés au quotidien : cosmétiques, produits d’entretien, aliments, boites plastiques pour l’alimentation… Car si chacun des produits cités est présent en quantité infime dans notre environnement, c’est l’addition et l’accumulation de tous ces produits qui sont probablement le plus dangereux.

3. L’alimentation : cause première de cancer

L’alimentation est un facteur de risque des plus importantsIl faut donc éviter :

  • Les aliments à risque comme les graisses saturées, les graisses « trans » ou l’alcool.
  • Les additifs à risque comme beaucoup de pesticides, mais aussi de nombreux conservateurs dont le rôle cancérigène est largement prouvé.
  • La cuisson à haute température qui développe des composés cancérigènes et détériore les acides gras insaturés.Les sucres qui sont les nutriments préférés des cellules cancéreuses vont stimuler l’insuline qui est le premier facteur de croissance du cancer.

Voici 6 commandements alimentaires Anti-Cancer :

1. Limiter la consommation d’alcool

Plus la consommation d’alcool augmente et plus le risque de cancer augmente. Le vin rouge est l’exception à la règle : en quantité raisonnable (un à deux verres par jour), il réduit le risque de maladies cardio-vasculaires.

2. Attention au lait de vache

Il est prouvé que les grands buveurs de lait font deux fois plus de cancers de la prostate et du sein.

Le lait de vache contient des facteurs de croissance et des molécules qui sont proches des hormones.

Par ailleurs, les laitages vont augmenter l’apport en graisses saturées et surtout en graisses « trans » qui ont fait la preuve de leur risque en cancérologie.

De plus, 80% des protéines du lait sont des caséines, qui recèlent 80% de phosphoprotéines. Elles génèrent une dysbiose intestinale et une malabsorption d’éléments vitaux du fait de la porosité intestinale qui laisse passer les minéraux (calcium, magnésium, potassium et vitamines du groupe B).

Les caséines ont un autre inconvénient : elles bloquent et précipitent les polyphénols (dont les flavonoïdes), antioxydants abondants dans les végétaux notamment le thé, le café, le chocolat, les oignons, les brocolis, le curcuma, le céleri, les fruits.

3. Augmenter la consommation de légumes, crudités et fruits

Consommer plus d’antioxydants (polyphénols et flavonoïdes) et de fibres, sous forme d’aliments végétaux, réduit le risque de nombreuses maladies, dont le cancer colorectal et du sein.

Ceci est à accorder avec le point précédent : il est primordial de réduire sa consommation de produits laitiers, pour pouvoir profiter des flavonoïdes contenus dans les légumes, crudités et fruits. D’autant que les flavonoïdes sont également des anti-inflammatoires intestinaux.

4. Réduire au maximum la consommation de graisses trans et limiter les graisses saturées

Les graisses trans se retrouvent dans les aliments fabriqués avec de l’huile de palme et cuits, comme toute la biscuiterie et la viennoiserie industrielle.

On les trouve aussi dans les laitages des ruminants. Les graisses saturées se trouvent surtout dans les graisses d’origine animale.

5. Diminuer les sucres : c’est l’ennemi numéro 1

Les sucres ont essentiellement un rôle énergétique. Or, les industriels mettent du sucre partout pour augmenter l’addiction aux aliments. Sodas, céréales en croquettes du petit déjeuner, biscuiterie et viennoiserie sont bien trop riches en sucres. Même le pain.

Ce sucre va faire le lit de l’obésité et du diabète avec toutes leurs complications comme les maladies cardio-vasculaires, mais aussi le cancer.

Aujourd’hui, l’obésité est devenue la deuxième cause des cancers après le tabac. Parce que les cellules cancéreuses se nourrissent essentiellement de sucre et que l’insuline stimule la croissance de la plupart des tumeurs cancéreuses. Quand on est en surpoids, on devient « résistant à l’insuline », et le pancréas doit donc sécréter beaucoup plus d’insuline.

Ainsi, l’alimentation trop sucrée et le surpoids présentent 2 risques :

  • L’excès de sucre dans le sang va nourrir les cellules cancéreuses.
  • L’excès d’insuline va stimuler la croissance de ces mêmes cellules.

6. Améliorer le rapport oméga 3 / oméga 6

Consommer beaucoup plus d’omega 6 que d’omega 3 augmente le risque de cancer du sein.

Les oméga 3 se trouvent dans l’huile d’olive, de colza, de noix, de lin, qui sont par ailleurs antis inflammatoires. Les oméga 6 d’origine animale, au contraire, favorisent l’inflammation.

Certains oméga-6 sont importants pour la santé, comme l’acide linoléique qu’on trouve dans certaines huiles ou végétaux, même si de nombreux oméga-6 augmentent le risque de cancer.

Malheureusement, l’alimentation moderne apporte 20 à 60 fois plus d’Oméga-6 que d’Oméga-3 et c’est ce rapport totalement perturbé qui est une des causes majeures de nombreuses maladies allant de l’obésité au cancer.

Pourquoi une telle quantité d’Oméga-6 dans notre assiette ?

A cause de l’omniprésence des huiles de tournesol, de maïs, de soja et de palme, qui sont les plus consommées, et que l’on retrouve dans tous les aliments industriels.

En plus, le soja et le maïs (souvent issus d’OGM) sont les principaux aliments des animaux dans les élevages industriels ! Le soja non fermenté recèle un œstrogène (diadzine) qui a une forte responsabilité dans les cancers hormonodépendants…

4. Deux facteurs à ne jamais négliger : ses émotions et l’activité physique

Le cancer est une maladie qu’il est important d’affronter pour ne pas la subir ! En effet, le patient a un rôle majeur dans son traitement et sa guérison. Au contraire, la solitude peut jouer un rôle très nocif dans le développement du cancer.

Il est indispensable d’apprendre à s’écouter, à s’aimer, et à s’occuper de soi.

Dans cette optique, un exercice physique régulier et la présence d’un lien social sont des habitudes à prendre bien souvent plus efficaces que les médicaments mêmes.

  • L’exercice physique régulier, si possible 30 minutes par jour, ou 1 heure, 3 fois par semaine est indissociable d’une vie saine.
  • Les relations humaines enrichissantes permettent un meilleur équilibre émotionnel et évitent la solitude affective.

Mon conseil pour vivre mieux !

Mais au-delà de ça de conseils purement médicaux, j’aimerais vous dire quelque chose d’important qui vient plutôt de mes expériences humaines.

Nous vivons dans un monde consumériste qui tend à complexifier nos modes de vie en imposant des produits accumulant les ingrédients inutiles et toxiques.

Je souhaiterais donc vous donner un conseil : simplifiez-vous la vie !

  • Achetez des produits les plus naturels possibles, avec le moins de composants additifs.
  • Remplacez les cosmétiques industriels par des produits naturels et d’ailleurs plus efficaces, comme les huiles essentielles.
  • Arrêtez de courir après votre vie, lâchez prise, méditez : il s’agit de votre vie, prenez-en le contrôle.

Je vous propose simplement d’éliminer le superflu qui vous encombre et vous ralenti : faites le grand nettoyage de printemps ! Il est grand temps. Cela pourrait vous sauver la vie…

Portez-vous bien !

Dr Jean-Pierre Willem

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Sources



9 réponses à « Cancer du sein : mettez toutes les chances de votre côté »

  1. Zona says:

    Merci docteur pour toutes ces précieuses informations je me traite pour un cancer du sein et j’ai banni le sucre de mon alimentation depuis 2ans je prends une cuillère de miel pour sucré mon café par jour pas plus et j’ai moins mal au articulations a cause du femara

  2. BOUROUBA HOCINE says:

    Je remercie beaucoup car votre lettre m’ a touché

  3. Muriel says:

    Bonjour,
    J’ai trouvé votre lettre très intéressante d’autant que je suis directement concernée. Je prends du lutéran car j’ai un utérus fibromateux et je dois surveiller régulièrement ma poitrine car j’ai des nodules. Je passe donc tous les ans des mammographies et des échographies. Y aurait-t-il d’autres moyens que la prise d’hormones ?
    J’attends avec impatiente votre réponse et vous en remercie par avance. Bonne journée.

  4. Valouis (david) says:

    Bjr Mr Willem

    Merci bcp pour toutes les infos précieuses que vous mettez à la disposition de chacun gratuitement !
    Merci pour le temps et l attention accordée à des pers. Comme moi qui sommes freinees par les manques d argent ou de temps pour nous occuper correctement de nous et qui subissons tant de pressions et désinformations qui nous nuisent …
    Merci 😁
    « Take care of yourself » Mr Willem

  5. Létondor says:

    Merci pour votre sensibilisation aux facteurs favorisant le cancer du sein. Dans cet article, vous attirez notre attention sur les effets nocifs du lait de vache. Le lait de brebis ou de chèvre ont-ils des effets similaires ? le yaourt ou le fromage fait avec l’un ou l’autre de ces tois laits sont-ils également nocifsn ?

  6. caline BIANCHERI says:

    Un seul mot :
    Merci

  7. Murielle Colrat says:

    Bonjour Dr,

    J’ai bien aimé cette article. J’ai une question je me soigne avec les huiles essentielles , je prend du curcuma pour mes gencives et de la lavande fine pour l’anxiété . Il est noté : 3 goutes par jour en raison de l’effet délecter des huiles sur le foie . C’est pratiquement impossible de respecter la posologie.( Pas Pratique respect des goutes…)
    Est ce que diluer les huiles essentiels dans de l’huile végétale l’efficacité est identique ? Quelle proportion préparer, exemple: 10 gouttes d’huile essentielle dans 50 cl d’huile végétale ??
    Merci de votre réponse
    Murielle

  8. Assadiourian Araxie says:

    est-il dangereux de manger souvent des produits surgeles tels que légumes ou poisson ?

  9. monique de Ricaud says:

    merci pour vos conseils mais je regrette qu il soit rarement abordé le problème d un cancer métastase, notamment comment refaire les os sans prendre de biphosphonates

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